SÔGI, SHÔHAKU, SÔCHÔ – par Matthieu Gostzola

La tradition des vers enchaînés composés par plusieurs auteurs apparaît au huitième siècle au Japon, elle est issue du waka, dont chaque poète écrivait une strophe. L’enchaînement de plusieurs waka donna naissance à un poème long, le renga, œuvre collective en cent strophes. En 1488, le poète Sôgi et ses deux disciples Shôhaku et Sôchô se réunirent et composèrent l’un des renga les plus célèbres : Trois voix à Minase. Le maître lança la première strophe appelée hokku, qui devait selon les règles comporter une indication de saison : « cimes – un peu de neige / les vallons noyés de brume /- soir de primevère ». Shôkaku enchaîna, puis Sôchô et de nouveau Sôgi… Chaque strophe est en fait un poème bref indépendant qui ne suit pas le fil logique d’une narration. Les strophes entrent en résonance, suggèrent une vision fluctuante, impressionniste, du monde. Ce petit livre est relié à la japonaise d’une façon très originale, ce qui ajoute au plaisir de la lecture.

Matthieu Gosztola

CAHIER CRITIQUE DE POÉSIE, Centre de la Vieille Charité, 13236 Marseille

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