Faire vivre la nature

 

LA VALLÉE DE LEURE, c’est l’endroit choisi par Sandrine Cnudde pour cette rencontre
Une évidence pour qui la connaît un peu. Un cadre idéal pour parler de Patience des fauves, son dernier livre. Il y a longtemps que le nom de Sandrine Cnudde est familier aux Uzégeois.
Elle qui a d’abord été jardinière, puis architecte paysagiste, a pose ses valises à Uzès en 1999. « J’exerçais depuis quatre ans quand j’ai ouvert mon agence uzétienne. Mais j’ai arrête assez vite, le métier ne me correspondait plus », confie-t-elle avec le sourire. Ce qui ne lui convenait pas ? « J’étais trop loin de la nature, je me retrouvais coincée derrière un écran pour imaginer des projets mais je n’étais plus sur le terrain ». Le contact direct avec l’environnement lui manque. D’autant qu elle marche, un peu d’abord, puis de plus en plus loin, mais toujours seule… « J’ai commencé à rendre des photos, à écrire des lettres et des amis m’ont incitée à partager cette expérience plus largement » Cela tombe bien, elle a suivi un stage de reliure chez Delphine Dejean, à Saint-Quentin, « une très belle expérience avec une personne formidable et passionnée ». Alors Sandrine Cnudde va mettre ensemble toutes ses compétences et créer un livre qui lui ressemble, mais qui ne ressemble à rien de ce qui existe. On y trouve des photos, des poèmes, des impressions, des œuvres d’art, des croquis. Aujourd’hui, elle compte quatre livres à son actif, tous inclassables. « Je suis un casse-tête pour les éditeurs et les libraires, ils ne savent pas dans quelle catégorie me ranger », souligne l’écrivain en souriant. Pourtant, chaque livre est un trésor, un bijou unique et précieux. Le dernier, Patience des fauves vient tout juste de sortir aux éditions Éres / PO&PSY.  Sur le site de l’éditeur, Sandrine Cnudde le présente avec cette phrase : «Un sentier, c’est une patience qui ne cicatrise pas – la patience des fauves ». Intriguant certes, mais qui ne rend que très partiellement l’intensité de l’émotion de cet ouvrage, véritable cartographie des paysages lozériens, de la magnificence de la nature et de l’abandon de l’homme, des hommes, qui façonnent ce paysage au quotidien.

Sandrine Cnudde a été invitée en résidence d’écriture à Marvejols. Elle y a séjourné à plusieurs reprises, en toutes saisons, avec son chien pour seule compagnie. « J’ai eu du
plaisir à retrouver la Lozère que j’avais connue il y a 20 ans par l’Aubrac». Son séjour a coïncidé avec une période difficile pour le village. En 2015, la commune était surendettée, le maire démissionnait trois mois après le suicide du précédent. Mais cela n’a pas affecté son travail, bien au contraire, elle y a peut-être mis un petit supplément d’âme, pour restaurer l’image de cette ville et surtout de ses habitants. Pari réussi puisque pas moins de
500 exemplaires ont été vendus en moins de 3 mois, fait exceptionnel pour un ouvrage poétique. Heureusement, la Librairie Soie  en a réserve quelques-uns et une réédition est prévue dès septembre. « J’ai adoré la liberté qu’on m’a donnée pour cet ouvrage. J’ai pu choisir le format, le graphisme, le papier. En fait, j’ai utilisé tous les outils techniques que me procurent mon savoir-faire d’architecte paysagiste mais en étant en contact direct avec la nature ». Ce qui différencie cette expérience des précédentes ? Pour une fois, Sandrine Cnudde n’était pas seule à marcher… « Mon chien m’a accompagnée. Il est d’ailleurs devenu un personnage à part entière
du livre et du projet ». Elle ne nous a pas confié s’il
l’accompagnerait également à la rencontre qui a lieu jeudi 20 juillet à la Librairie Soie à partir de 19h… Mais elle nous a quand même dévoilé quelques secrets sur cette rencontre, qui sera atypique, comme le livre… « J’espère pouvoir présenter quelques planches de croquis, un peu comme une expo, pour mieux expliquer comment j’ai conçu cet ouvrage qui peut aussi s’apparenter à un guide touristique, un peu hors normes… ».
Et si vous êtes malheureusement déjà pris, vous pourrez également retrouver Sandrine Cnudde au Festival Lussan se livre, le dimanche 27 août.

MURIEL DUNY

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