Hors-jeu

 

Trois livres de poésie, on vit avec et on choisit des vers.

On se laisse porter ; on tresse alors les œuvres pour composer un tout nouveau poème.

 

Il avait des souliers noirs à boucles

Il suffisait que je batte de l’œil

Pour les couvrir d’or et de rubans

 

Avec une cueiller en bois

Il arrachait leurs yeux aux crocodiles

Et frappait le derrière des singes

 

Il fut un temps

Où les lois de l’œil

Ne répondaient à nulle perspective

 

Héritier des grands poètes africains, Nimrod (né en 1959) s’attache aux réalités contrastées de son pays natal, le Tchad. S’il vit en France depuis plus de 20 ans, il poursuit avec obstination sa route « entre l’inespérance et la béatitude« .

 

Saluons l’initiative d’une jeune maison d’édition, Érès, qui publie les poésies complètes de Federico García Lorca (1898-1936) ; plus de 1000 pages d’une remarquable traduction.

 

On trouvera sans doute plus d’ombre que de lumière dans les fragiles vignettes d’Hervé Piekarski (né en 1055). Lecture et relecture donnent pourtant le sentiment qu’on traverse un paysage intérieur bien réel, connu de chacun de nous.

 

Sur les berges du Chari. District nord de la beauté, de Nimrod, Bruno Doucey, « L’autre langue », 128 p., 15 €.

 

Polisseur d’étoiles. Œuvre poétique complète, de Federico García Lorca, traduit de l’espagnol par Danièle Faugeras, illustré par Anne Jaillette, Érès, « PO&PSY in extenso », 1144 p, 25 €.

 

L’État d’enfance II, d’Hervé Piekarski, Flammarion, « Poésie », 192 p, 18 €.

 

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