La mémoire des branchies, Eva-Maria Berg

 

Par Christophe Forgeot,

pour Interventions à haute voix  n°55 – 47, rue de la Bataille de Stalingrad, 92370 Chaville / 01 47 50 27 66  gerard.faucheux@numericable.fr

 

La mémoire des branchies, d’Eva-Maria Berg. Traduction de l’allemand par Inge Kresser et Danièle Faugeras (édition bilingue), photographies de Jacqueline Salmon. Editions érès, coll. PO&PSY, 86 pages, 10€, ISBN : 978-2-7492480-0-4

 

Dès le titre, l’odeur de la mer. L’horizon bleu et plat. Rafraîchissement de notre étonnement. Et puis, aussitôt, l’impression de flotter. L’événement qui nous porte ? La mémoire.

En page 82, il est indiqué que ces poèmes, dans leur grande majorité, ont été écrits lors de résidences d’écriture au Centre d’Art Villa Tamaris, à la Seyne-sur-Mer, dans le Var, donc face à la mer… Cela explique peut-être pourquoi ils sont comme de petites vagues. Les vers condensés en deux ou trois mots, parfois quatre, rarement plus, sont le flux et le reflux de notre mémoire. Ne venons-nous pas de l’eau ? À la recherche du mot, de l’image, du rivage du fond des âges, les poèmes en français et en allemand d’Eva-Maria Berg roulent sur le sable des yeux :

« ainsi la langue / fait les cent pas / sur le rivage / la mer la suit / quand les mots / deviennent salés / les flots / se retirent. » (p. 58)

L’odeur de la mer. L’horizon de notre histoire et de notre préhistoire.

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