Jacques ANCET auteur

Ancet-port

Né à Lyon en 1942, Jacques Ancet vit et travaille près d’Annecy.

Outre un cycle de poèmes romanesques — L’Incessant (Flammarion, 1979), La Mémoire des visages (Flammarion, 1983), Le Silence des chiens (Ubacs, 1990, réed. publie.net 2009) et La Tendresse (Mont Analogue, 1997) –, un roman – Le Dénouement (Opales, 2001) – et deux proses – Image et récit de l’arbre et des saisons (André Dimanche, 2002), La ligne de crête (Tertium édtions, 2007), il a publié une vingtaine de livres de poèmes dont, dernièrement, La dernière phrase, (Lettres Vives 2004), Un morceau de lumière, illustré par Alexandre Hollan (Voix d’Encre, 2005), Diptyque avec une ombre (Arfuyen, 2005, Prix de poésie Charles Vildrac 2006 de la Société des Gens de Lettres, Prix Heredia 2006 de l’Académie française), Sur le fil (Tarabuste, 2006), L’heure de cendre (Opales, 2006), Entre corps et pensée, anthologie préparée par Yves Charnet (L’Idée bleue / Écrits de Forges, 2007), Journal de l’air (Arfuyen, 2008), L’Identité obscure (Lettres Vives, 2009, Prix Apollinaire 2009) et Puisqu’il est ce silence (Lettres Vives, 2010).

Essayiste – Luis Cernuda (Seghers, 1972), Entrada en materia, sur José Ángel Valente (Cátedra, Madrid, 1985), Un Homme assis et qui regarde (Jean-Pierre Huguet Éditeur, 1997), Bernard Noël ou l’éclaircie (Opales, 2002), Chutes (Alidades, 2005), La voix de la mer (publie.net, 2008), L’Amitié des voix (publie.net, 2009) –, il a aussi traduit, quelques unes parmi les plus grandes voix des lettres hispaniques comme Jean de la Croix (Poésie/Gallimard), Francisco de Quevedo (Poésie / Gallimard), Ramón Gómez de la Serna (André Dimanche), Vicente Aleixandre (Fédérop), Jorge Luis Borges (Gallimard), Luis Cernuda (Fata Morgana, Cahiers des Brisants), Xavier Villaurrutia (Corti), María Zambrano (Corti), José Ángel Valente (Unes, Poésie / Gallimard), Antonio Gamoneda (Lettres Vives, Arfuyen), Juan Gelman (Gallimard), Andrés Sánchez Robayna (Comp’Act, Le Taillis pré, Gallimard), etc.

Prix de traduction Nelly Sachs 1992, Prix Rhône-Alpes du Livre 1994, Bourse de traduction du Prix Européen Nathan Katz 2006.

* * *

EXTRAITS  DE PORTRAIT D’UNE OMBRE :

Le revoilà. Il raye l’iris d’un rai de lumière, secoue les feuilles, jette des poignées d’ombre dans le vert pâle. Il essaye des voyelles aiguës et parfois graves, refait un ciel plus lisse, plus tranchant. Un temps d’avant ou d’après. Il cherche. Il trouve. On ne garde dans les doigts que l’air de son passage. Quand il se tait, on écoute. Plus rien ne bouge.

*

Que dit-il qu’on n’a pas compris ? On a cru que c’était le vent, mais non. Il y a un brouhaha de paroles bruissantes, un désordre d’images et une lumière soudaine que traversent les ombres fuyantes. Que dit-il ? On a beau écouter, tendre l’oreille, c’est ailleurs qu’on entend. Dans un temps où chacun de ses mots est une nuit.

*

Il brille. Ou plus exactement, il miroite. On ne voit pas, on entrevoit, on ne voit pas. Une lueur, une presque voix. On est là au même endroit avec le chêne et la clôture, la montagne et le ciel. Très vite, on n’y est pas — on y est. Il dit … On va comprendre. La lumière bouge. Le vent tombe. On va le voir.

*

—  On voit, oui. Mais quoi ?
—  Ce qu’on entend.
—  Comment ça ?
—  Des images dans l’oreille.
—  Dans l’oreille ?
—  Oui, là où parle la voix.
—  Et que dit-elle ?
—  Ce qu’on voit.

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