Malcolm de Chazal

Port-couv-De-Chazal
Malcolm de Chazal est né en 1902 à Cockerney en l’île Maurice où il a vécu toute sa vie (hormis une brève période en Louisiane où il se forme en technologie sucrière à la fin de ses études secondaires). Après l’échec de deux tentatives d’investissement professionnel dans les industries sucrière et textile, qui lui donnent l’occasion d’écrire un certain nombre d’ouvrages d’économie politique, il choisit de se consacrer à l’expression de ses « Pensées » littéraires, dans lesquelles il souligne d’emblée le caractère magique de la parole et celui, prophétique, de la poésie. C’est de cette époque (1940-1949) que date son écriture aphoristique – expression d’ « expériences à l’état brut » selon Jean Paulhan – qu’il abandonnera pour des préoccupations nouvelles, liées à la foi et à Dieu, exprimées sous formes de pièces de théâtre et d’essais métaphysiques.

Cet « artiste intégral » prolifique – écrivain, essayiste, chroniqueur, homme de théâtre, poète, traducteur (outre que peintre à partir de 1958), est l’auteur de près d’une centaine d’ouvrages écrits entre 1935 et sa mort, survenue en 1981. Son « grand œuvre » : Sens plastique, publié à Paris par Gallimard en 1948, fait une forte impression sur des écrivains comme Bataille, Paulhan, Ponge ou sur des peintres comme Georges Braque et Jean Dubuffet. Il est encensé par certains écrivains surréalistes qui voient en son auteur un « écrivain de génie », en dépit de son refus de se laisser étiqueter. Cela explique peut-être qu’il ait fallu attendre 20 ans pour qu’une partie de l’œuvre de Chazal (la plupart de ses écrits n’ayant fait l’objet que de petits tirages au niveau local et à compte d’auteur) soit à nouveau disponible en France.

Pourquoi écrire ? Eh bien, parce qu’il faut que l’arbre donne ses fruits, que le soleil luise, que la colombe s’accouple à la colombe, que l’eau se donne à la mer, et que la terre donne ses richesses aux racines de l’arbre.

Pourquoi écrire ? Mais afin de se donner. Et le don enrichit. Cette « richesse » grandit la personnalité. Et l’on monte. Où ? En soi-même. J’ai nommé la délivrance. Il n’y a pas d’autre forme de libération. (M. de Chazal, Pourquoi écrire? in Le Mauricien, 1961)