Rodolfo ALONSO

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« La poésie vient à moi », c’est tout ce que je peux dire à ceux qui s’étonnent de cette longue vie de poète, de traducteur et d’essayiste qui est la mienne. Je veux dire par là que jamais je ne me suis proposé, jamais je n’ai eu l’idée d’écrire : la poésie s’est occupée de moi.

À 16 ans, je me trouve être le plus jeune des auteurs de la revue argentine d’avant-garde Poesía Buenos Aires. Les poèmes jaillissent et coulent, pour leur propre compte, intenses, avec une rare précision. Même chose en prose. On a dit qu’ils alliaient les conquêtes de la poésie moderne à l’esprit de la langue quotidienne.

À mon premier livre, Salud o nada (1954 – « Le salut ou rien »), font suite 5 autres recueils, que j’ai écrits entre 17 et 21 ans. On a parlé de Rimbaud. Mais ce n’était pas le cas.

Un de ces livres, Entre dientes (1963 – le présent Entre les dents) parvient à une très grande tension avec peu, très peu de mots. Je suppose qu’ils se concentrent pour irradier.

Dès le début, je traduis de différentes langues : Jouve, Pavese, Éluard, le premier Pessoa, Ungaretti, Apollinaire, Drummond de Andrade, Prévert.

Plus tard viennent s’ajouter des réflexions, des essais toujours brefs : “No usamos el lenguaje, somos lenguaje”. (« Nous utilisons pas le langage, nous sommes langage »).

Lorsque mon ami Juan Gelman reçoit le Prix national, on me le donne pour Música concreta (1994).

Puis vient un titre : El arte de callar (2003 – « L’art de se taire ») qui reste pour moi des plus éloquents.

J’ai bientôt avec le monde des contacts, qui n’ont cessé de s’étendre depuis.

En France, Roger Munier me traduit dans les Cahiers du Sud (1962) et on édite : Poèmes (1961 – trad. F. Verhesen), Elle, soudain (1999 – trad. F. Verhesen), L´art de se taire (2015 – trad. B. Schiavetta), Dernier tango à Rosario (2015 – trad. R. Munier).

Je découvre les originaux perdus de la Correspondance 1952-1983 de René Char et Raúl Gustavo Aguirre, que Gallimard édite avec ma préface (2014).

Je n’ai jamais cessé de traduire de la poésie française : Baudelaire, Artaud, Valéry, Mallarmé, Breton, Schéhadé, Saint-Pol-Roux, Char. J’ai également présenté et traduit La lumière et les cendres / Milonga pour Juan Gelman, de Jacques Ancet (2014). Ce fut une expérience bouleversante. Notre ami commun Juan Gelman venait de disparaître et le poème a été écrit et traduit quasi simultanément.

http://rodolfoalonso02.blogspot.com

es.wikipedia.org/wiki/Rodolfo_Alonso

http://findingaids.princeton.edu/collections/C1439/

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