Olav Håkonson Hauge

Hauge-couv
 
 
Il y a beaucoup d’écueils
dans la mer.
Pourtant
c’est un écueil qui t’a sauvé.
 

Vie de paradoxes, en effet, que celle de cet autodidacte sédentaire, voué à tailler ses pommiers, qui lit, traduit en nynorsk et commente les plus grands poètes étrangers (Baudelaire, Mallarmé, Rimbaud, Hölderlin, Celan, Brecht, Dickinson, Whitman, Blake, Basho, Wang Wei…) ; de ce paysan parlant son dialecte natal qui a rénové la poésie norvégienne ; de cet homme simple qui, s’étant heurté pendant 30 ans aux « écueils » de la schizophrénie a néanmoins publié une quinzaine de recueils outre un volumineux journal, et qui est aujourd’hui célébré par la Norvège comme une gloire nationale. Un homme que, sans aucun doute, l’ « écueil  » poésie aura « sauvé »…

Le présent ouvrage présente une sélection de poèmes brefs de Olav Håkonson Hauge (1908-1994), traduits du norvégien par Anne-Marie Soulier. La photo est due à Sandrine Cnudde.

 
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EXTRAITS DE BATEAU DE PAPIER :

 
Dans mon Parker
Dans mon Parker il y a beaucoup de vers,
un bon kilomètre,
et dans l’encrier encore plus,
des milliers. Le papier
arrive par la poste, factures, réclames, formulaires
à remplir.
J’envisage l’avenir sans crainte.
*
Chevaux et vagabonds
Chevaux et vagabonds cherchent des yeux
une auge au bord des routes.
à quoi leur servirait
une station-service ?
*
J’ai secoué la neige de jeunes arbres
Que faire quand
ça dégringole,
montrer le poing
aux flocons dansants
qui te tombent dessus,
ou courber le dos
pour les accueillir ?
*
Lentement émerge le vrai
S’éveiller, et sentir
son cœur tomber,
lourd comme une pierre, sombre
et bientôt dur…
Lentement se lève la houle,
lentement rougit la forêt du ravin,
lentement s’approchent les feux de l’enfer,
lentement émerge le vrai…
*
Un mot
Un mot
– une pierre
dans une rivière froide.
Encore une pierre –
Il m’en faudra d’autres
si je veux traverser.
*
Il est encore temps
C’est pour de vieilles ombres
que tu chantes,
des ombres de
toi-même.
Des visions avortées menacent
tes jours, – quand
leur donneras-tu
vie ?
Il est encore temps,
crois-tu,
– l’herbe est encore
verte
 
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