SÔGI / SHÔHAKU / SÔCHÔ – Renga

 

10,5 x 15 – 46 pages  reliées « Japon » sous pochette à rabats cartonnée. 10.50 € . Avril 2012. Traduit et adapté du japonais par Shinji Kosaï et François Migeot.

* * *

Le renga est un genre ancien de poésie japonaise. Populaire dès le moyen-âge, il atteint son apogée au XVème siècle. Il se caractérise par l’enchaînement de versets composés à tour de rôle par plusieurs poètes.

Il s’est constitué à partir d’une des formes poétiques les plus anciennes et les plus répandues, le waka, composé de deux versets inégaux (le premier comportant trois unités de 5, 7 et 5 syllabes ; le second, deux unités de 7 et 7 syllabes, soit au total : 31 syllabes).

Dès le VIIIème siècle, cette forme donne lieu à des poèmes collectifs, portant d’abord sur un seul waka (dans ce tan-renga ou renga court, un premier poète compose le verset initial, un second lui répond par le 2ème verset). Puis, à partir du XIIIème siècle, apparaît le renga long enchaînant plusieurs waka (plusieurs poètes composant tour à tour les premiers : 5, 7, 5, et les seconds versets : 5, 5) jusqu’à obtenir une séquence de cent versets, forme canonique du renga.

Les auteurs se réunissent sous la direction d’un poète confirmé, qui contrôle le respect des règles et l’unité de l’œuvre, laquelle risque en effet d’être mise à mal par la pluralité des voix.

Le premier des cent versets suggère une perception de la réalité, souvent issue du paysage environnant, tandis que le second ouvre la voie à l’imaginaire.

D’un verset à l’autre on doit trouver un lien et en même temps une ouverture nouvelle. Cette règle est fondamentale pour le renga qui refuse la répétition
et s’inscrit dans une continuelle progression.

Chaque verset est donc un poème à lui seul tout en participant à l’harmonie de l’œuvre collective.

Le processus de création collective du renga, dans lequel chacun développe son imagination tout en suivant celle des autres, procure un plaisir esthétique et rejoint l’idéal poétique d’une beauté changeante qui intègre le flux du temps.

Cette esthétique, caractéristique de l’art japonais et de sa représentation du « monde flottant », est en rapport avec une conception du sujet bien différente de ce que la philosophie occidentale, reprenant certains maîtres antiques, a souvent posé. Dans le renga, le sujet n’est pas une essence, il n’est pas identique à lui-même, il entre en composition avec le temps, il tire de sa rencontre avec le monde extérieur des contours éphémères. Il se réalise par éclipse, le temps d’un poème, dans l’impermanence même du mouvement.

Ce n’est sans doute pas un hasard si l’énonciation anonyme des poèmes ici traduits évoque celle d’un voyageur sans feu ni lieu – à l’instar de l’être –, emporté par le cycle des saisons, l’écriture du sentier, l’esquisse d’une fumée interrogeant le ciel, par le tracé d’un fleuve, le souffle d’une voile, la floraison des pruniers, leur splendeur fanée, et par les jeux de masque de la brume.

Dans la seconde moitié du XVème siècle, avec Sôgi, grand maître du genre, le renga est parvenu à sa plus parfaite expression. Minase Sangin Hyakuin (1488), traduit ici, est l’un des chef-d’oeuvres de la littérature japonaise.

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