REVUE DE PRESSE FESTIVAL VOIX DE LA MÉDITERRANÉE DE LODÈVE, Juillet 2014 (résumé)

 

Midi libre.fr, Jean-François Bourgeot, 15 juillet 2014

La 17e édition du Festival de poésie de Lodève consolide sa tradition de diversité, en invitant une cinquantaine d’auteurs venus de 24 pays du bassin méditerranéen qui, avec des artistes de scène de différentes disciplines, investiront pas moins de trente lieux dans la ville. Comme si l’acte poétique, principalement conçu ici comme une écriture portée par la voix, irriguait soudain les veines de la cité.

Le rendez-vous est devenu remarquable par sa densité, sa convivialité assurément, il le sera aussi cette année par des présences rares. A commencer par celle de son grand invité, Abbas Kiarostami, qui ne dit pas « oui » à la première invitation venue, et qui est un artiste très complet, brillant dans différents domaines : le cinéma bien-sûr, et il fut plusieurs fois, avec des œuvres aussi profondes que personnelles, à l’affiche du Festival de Cannes, mais aussi à Venise ; la photographie, art où s’est sans doute forgée la puissance de son cadre ; la littérature, enfin, avec une œuvre poétique que l’on connaît moins, même si trois recueils ont déjà été publiés en France dans les années 2000.

Et on fêtera évidemment, à Lodève, la parution dans une traduction française de Des milliers d’arbres solitaires, un ouvrage rassemblant la totalité de ses poèmes à ce jour publié en Iran (Ed. Po&Psy). Une poésie qui, comme son cinéma, tend vers l’épure plutôt que le trop-plein.

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La Nouvelle Vie Ouvrière, Dee Brooks, 27 juin-10 juillet 2014

Voix de la Méditerranée est une manifestation artistique dont l’UNESCO reconnaît l’importance « en faveur de la paix, de la tolérance et du dialogue entre les cultures ». On le vérifie avec la palette des auteurs invités, large et multiculturelle. Ici, le langage universel est la poésie, dont Kiarostami affirme : « un poème ne raconte jamais une histoire, il donne une série d’images ». Quiconque a vu au moins un film du réalisateur iranien ne peut qu’avoir ressenti la poésie qui se dégage de ses images. Quelle que soit la forme artistique qu’il choisit – cinéma, installations plastiques, photo, écriture-, c’est bien la poésie en un « point d’équilibre miraculeux entre l’intime et l’universel » qui traverse les œuvres de Kiarostami. Ses poèmes sont empreints de philosophie, de sacré et d’humour, en droite ligne de la poésie persane.

Kiarostami a révélé au monde la splendeur et la profondeur du cinéma iranien, la culture raffinée d’un pays dont l’Occident a une vision caricaturale. Entre immensité du monde et fragile humanité, paysages d’ocre et de pierres où l’on roule en s’interrogeant sur le sens de la vie, panoramiques et longs plans-séquences, l’artiste cherche à «approcher les rêves humains», comme le firent d’autres poètes persans avant lui.

Abbas Kiarostami, Palme d’Or en 1997 pour Le goût de la cerise, est une référence pour tout cinéphile, notamment pour ses titres majeurs Où est la maison de mon ami (1987), Et la vie continue (1992), Au travers des oliviers (1994), Le vent nous emportera (1999).

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Le Matricule des anges, le mensuel de la littérature contemporaine, juillet-août 2014

Question à Marc Delouze, en charge de la programmation du festival de Lodève : Pourquoi avoir choisi Abbas Kiarostami comme invité d’honneur ?

C’est important de montrer que la poésie est partout, qu’elle irrigue d’autres disciplines. Les grands artistes s’en nourrissent parce qu’ils la pratiquent ou la lisent. Comme Pasolini, Abbas Kiarostami a été poète avant d’être cinéaste. Vous voyez ses films, vous entendez ses poèmes. Ses poèmes, très brefs (4-5 vers), dans la grande tradition de la poésie persane, sont des échos du silence.

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L’Indépendant, 16 juillet 2014

Avec 40 films à son actif comme réalisateur, scénariste et producteur, dont la Palme d’or du festival de Cannes 1997 « Le goût de la Cerise », Abbas Kiarostami, également photographe réputé, veut aussi s’affirmer comme un peintre des mots.

Quatre recueils de ses poèmes en version française ont été publiés depuis 2000, dont le dernier, en juin, Des milliers d’arbres solitaires (Ed. Po&Psy), un ouvrage rassemblant l’ensemble de ses poèmes, soit un millier de textes extrêmement courts d’une grande lucidité et humilité sur le comportement humain. « Être à la fois cinéaste, photographe et poète, tout ça, ce sont des motivations pour faire chaque jour quelque chose. Ce n’est pas un choix, c’est une fatalité », explique l’auteur.

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